Credendo Group participe à la mission princière en Inde du 23 au 29 novembre 2013 et soutient les entreprises belges qui veulent y démarrer leurs activités commerciales. L’assureur-crédit belge donne une classification favorable pour le risque politique à court terme. L’Inde se classe en catégorie 2 sur une échelle de 1 à 71. Sur le moyen et le long terme, le risque est classé en catégorie 3. Le risque commercial est également acceptable, le pays obtenant une classification B sur une échelle de A à C2.

Inde: énorme potentiel de croissance mais ralentissement économique constant

Au cours de la dernière décennie, l’économie indienne a connu une croissance annuelle de près de 8%. Cette croissance spectaculaire a cessé fin 2010 et, depuis lors, les prévisions de croissance ne sont plus si optimistes (la croissance économique devrait atteindre environ 5 à 6% sur le moyen et le long terme). La combinaison de facteurs politiques externes et internes ainsi que les caractéristiques propres au marché laissent présager un sombre avenir. Toutefois, l’Inde est encore loin d’une crise de sa balance des paiements. La dernière remonte à 1991, lorsqu’elle avait demandé l’aide du FMI. En dépit de l’amplitude similaire du déficit extérieur indien, la situation reste gérable grâce à des réserves de change comparativement bien plus élevées et à un système de change flexible.

Inde: risques politiques internes et externes dans la plus grande démocratie du monde

La situation politique interne résulte d’un ensemble de facteurs à risques, allant du cadre politique à la composition ethnique et religieuse de la population. Au niveau politique, l’Inde est traditionnellement divisée entre deux grands partis nationaux : le Parti du Congrès (clan Ghandi) et le parti nationaliste de Bharatiya Janata (BJP). Une victoire écrasante du parti du Congrès en 2009 n’a apporté ni la stabilité politique espérée, ni une nouvelle vague de réformes économiques. Au contraire. Plusieurs scandales de corruption ont affaibli le Parti du Congrès avec, pour conséquences, une opposition qui paralyse le travail parlementaire ainsi qu’une forte augmentation de la popularité des partis régionaux. Afin de sortir de cette impasse politique, il faudra patienter jusqu’aux prochaines élections législatives programmées au printemps 2014. La tendance générale est un appel à la « bonne gouvernance » et à plus de fédéralisme.

Le boom économique des dix dernières années n’a pas apporté à tout le monde la prospérité économique. Les inégalités de revenus entre les états et les zones urbaines sont frappantes. Beaucoup d’indiens vivent dans une situation de pauvreté extrême, se sentent abandonnés et sont donc plus négatifs envers les nouveaux projets industriels et le progrès. Ils craignent la perte de leurs traditions et que l’environnement soit menacé. Les tensions continues entre les hindous et la grande communauté musulmane se mêlent aussi régulièrement à ce débat politique. De plus, ils conduisent parfois à des affrontements violents. Le conflit avec le Pakistan sur les plans religieux et géographique (Cachemire) se poursuit sans relâche. Les dépenses militaires élevées ont un impact important sur le budget du gouvernement indien.

Trois grands risques économiques

Avec un déficit du compte courant proche des 4% du PIB, l’Inde montre un besoin urgent d’investissements directs étrangers, non seulement comme source de financement mais également comme moyen pour stimuler la croissance économique. Le principal frein pour les investisseurs est le manque d’infrastructures qui ralenti le développement économique. L’approvisionnement en énergie et le manque d’infrastructures de transport doivent être améliorés d’urgence. L’inflation élevée est un second risque structurel. Les causes de la persistance des prix élevés des denrées alimentaires, très sensibles à l’inflation, doivent être prises à la racine. Un troisième risque structurel est le manque de financement public indien. L’Inde possède l’une des dettes publiques les plus élevées en Asie qui doit être réduite de toute urgence.

Importance de la volonté politique d’améliorer la croissance économique

Sur base de son potentiel démographique, du dynamisme du secteur privé et du marché intérieur ainsi que de l’épargne disponible pour financer les investissements futurs, il n’y a aucun doute sur le potentiel de l’Inde à poursuivre son succès économique de 1992-2010. De plus, un plan d’investissement publique ainsi qu’une série de réformes majeures sont prévus. Ceux-ci sont rendus difficiles à cause de la crise politique qui paralyse le climat économique et de la capacité de l’Inde à prendre en main des problèmes structurels.

La politique indienne complexe jouera, dans le futur, un rôle important dans l’aggravation ou la réduction du poids économique de ce gigantesque pays en croissance.

1 Une échelle de 1 à 7, 1 étant la catégorie la plus favorable
2 Une classification de A à C, A étant la classification la plus favorable