Facteurs de risque et perspectives

Le risque politique du Nigeria est dominé par la menace d’une escalade de la violence ethno- politique déstabilisant le pays. Par ailleurs, le mécontentement croissant de la population à propos de l’autorité du président Jonathan accroît le risque d’instabilité future pour les dirigeants. Le Nigeria affiche des fondamentaux financiers et économiques particulièrement solides, avec d’importantes liquidités, tout en conservant un énorme potentiel que ce soit du côté de la   demande ou de celui de l’offre. La corruption est le principal ennemi du Nigeria. Un problème qui doit être pris à bras le corps pour permettre au pays d'emprunter la voie du progrès et des réformes.

Faits & Chiffres

Forces

  • Immenses richesses naturelles
  • Plus important marché d’Afrique en nombre de consommateurs
  • Ratios de dette extérieure faibles
  • Créancier net

Faiblesses

  • Violence ethno-politique
  • Vulnérable aux chocs extérieurs
  • Corruption profondément enracinée
  • Nécessité d’importer du carburant

Principaux produits d’exportation

  • pétrole et gaz (77,7% des recettes courantes), transferts privés (16,5%)

Groupe de revenus

  • revenus moyens inférieurs

Revenu par habitant (USD)

  • 1180

Population

  • 158,4 millions d’habitants

Description du système électoral

  • élections législatives : tous les 4 ans ; dernières élections : avril 2011

Description du système électoral

  • élections présidentielles : mandat de 4 ans ; dernières élections : avril 2011

Président (chef d’État et du gouvernement)

  • Goodluck Jonathan

Évaluation du risque pays

Le président Jonathan a du mal à garder le soutien de tous

En 1999, le Nigeria a fait prêter serment au président démocratiquement élu Obasanjo, après des décennies de régime militaire, de fréquents coups d’État et une guerre civile dévastatrice. Au fil des années, la corruption débridée et l’avidité se sont profondément enracinées dans la société, en particulier dans le secteur pétrolier. Le président Goodluck Jonathan a été réélu pour un premier mandat complet en 2011, après avoir succédé – en tant que vice-président – au président Musa Yar’Adua décédé en 2010. À l’heure actuelle, le président Jonathan est toujours aux prises avec les conséquences d’années de régime militaire erratique en termes de pauvreté, violence ethno-politique et réformes conflictuelles, et doit par-dessus tout relever le défi de s’attaquer à une vaste corruption à tous les niveaux, tout en préservant sa propre base de pouvoir. Selon l’Indice de perception de la corruption de Transparency International, le Nigeria figure en 143e place sur 182 pays.

Les Nigérians sont frustrés par l’incapacité du gouvernement à satisfaire les besoins de santé, d’éducation et d’infrastructures en dépit des énormes revenus générés par le pétrole. En janvier 2012, des manifestations antigouvernementales d’envergure nationale ont éclaté contre la suppression de la subvention aux carburants qui a doublé le prix à la pompe. La suppression de cette subvention était un élément critique de l’agenda de réformes du président Jonathan. Après la menace proférée par les syndicats de bloquer la production de pétrole du Nigeria, le gouvernement s’est résolu à restaurer partiellement la subvention à un taux inférieur, mettant ainsi fin à la grève générale. Bien que le Nigeria  soit un exportateur net de pétrole brut, l’absence de capacité de raffinage contraint le pays à importer du carburant onéreux qui est vendu sur le territoire national à bas prix. Cette utilisation inefficace de l’argent public est non seulement très coûteuse, mais elle donne également lieu à de la corruption et engendre de la contrebande. Une enquête menée sur le système de subvention aux carburants a récemment révélé un niveau de fraude scandaleux. L’abolition totale du système de subvention aux carburants permettrait d’économiser annuellement au moins les 8 milliards USD que le gouvernement s’est juré de consacrer aux infrastructures, à la création d’emplois et à la santé. Toutefois, la profonde méfiance envers le gouvernement nigérian amène la population à rejeter toute promesse sur le long terme, car elle est persuadée que les économies ne serviront qu’à être détournées au profit de l’enrichissement personnel de l’élite politique. Les prochaines réformes du secteur de l’électricité par le biais d’un processus de privatisations risquent d'attiser la colère de la population vu que les factures d’électricité augmenteront, même si cette fois-ci, le gouvernement a promis d’instaurer un mécanisme de protection des consommateurs les plus pauvres.

Il est peu probable que la population accepte une hausse des prix de l’électricité ou la suppression totale de la subvention aux carburants avant que l’on ne prenne à bras le corps la problématique de la corruption endémique. Les poursuites engagées récemment contre des fonctionnaires de haut rang montrent la détermination du président Jonathan à s’attaquer au problème. Il existe toutefois des doutes d’une part quant à sa capacité à mettre un frein à la corruption systémique, qui fonctionne sur la base d’un vaste réseau de clientélisme et de népotisme ethnique/tribal, et d’autre part quant à son intérêt à ne pas agir contre ses propres rangs. L’insécurité croissante et l’apparente incapacité de Jonathan à protéger la population nigériane accroissent la probabilité d’une défaite aux élections de 2015 pour le président Jonathan et son parti au pouvoir, le PDP.

L’insurrection islamiste dans le nord devient de plus en plus meurtrière

L’escalade de la violence ethno-religieuse et antigouvernementale que connaît le Nigeria pourrait grever considérablement son développement. Au cours des douze dernières années, l’insurrection dans le nord du pays a été incarnée par le groupement salafiste Boko Haram qui rejette les valeurs occidentales et réclame l’islamisation des États du nord. Depuis que le gouvernement a mis en œuvre une stratégie militaire musclée en 2009, les attaques de Boko Haram se sont intensifiées et étendues géographiquement, visant le gouvernement et des cibles chrétiennes. Même si le nord constitue un terreau de recrutement propice en raison de la hausse brutale de la pauvreté, Boko Haram ne bénéficie pas d’un réel soutien de la base.

Les dernières attaques menées dans le nord et au centre du Nigeria deviennent plus meurtrières et suscitent graduellement davantage de représailles de la part de chrétiens qui prennent des musulmans pour des cibles. Toutefois, il serait simpliste et faux de résumer le conflit à une opposition entre le sud chrétien et le nord musulman. La radicalisation croissante de la violence trouve son origine dans des conflits historiques dans un pays aux structures ethniques très complexes et dans le mécontentement
croissant à l’égard de l’importante corruption gouvernementale et de la pauvreté. Le PIB par habitant dans le nord est en effet la moitié de celui dans le sud. Il est peu probable que le conflit débouche sur une scission nord-sud, car l’expérience dramatique de la guerre civile a fait de l’unité nationale la priorité numéro un du gouvernement fédéral nigérian. En outre, Boko Haram ne vise pas l’indépendance du nord, et par ailleurs, il n’existe plus de division claire nord/sud suite à l’émergence de l’identité propre de la région centrale, en dépit de la multiplicité des ethnies. La réponse sécuritaire du président Jonathan, qui repose exclusivement sur le déploiement militaire, laisse encore à désirer et suscite de plus en plus de critiques, y compris dans les rangs mêmes du PDP. Jonathan a pourtant nommé récemment de nouveaux chefs de la sécurité (nordistes) et a remanié les positions militaires afin de prévenir d’une part les défections ou les coups d’État par des officiers nordistes déçus, et d’autre part de contenter l’élite du nord qui a un rôle capital à jouer dans la mise en place d’une stratégie nuancée contre Boko Haram.

Il y a également le point chaud du Delta du Niger au sud du pays où les problèmes de longue date d’une population confrontée au chômage, aux dégradations écologiques et au sous-développement socio- économique sont restés en grande partie sans réponse en vertu du Programme d’amnistie de 2009. En accordant l’amnistie, l’éducation et une allocation mensuelle aux militants, ce programme est parvenu à mettre assez rapidement un terme aux hostilités. Toutefois, en raison de la lente réhabilitation structurelle dans la région, on pourrait assister à une nouvelle escalade des dommages occasionnés à la production de pétrole et des actes de sabotage commis sur les biens publics par les milices du Delta. Des fonctionnaires ont signalé une hausse de la fréquence des sabotages et des vols dans le Delta ainsi que le retour des ex-milices. Les réactions sécuritaires sévères du gouvernement pourraient raviver la militarisation de la région.

Un potentiel énorme tant au niveau de la demande que de l’offre

Ses exportations de plus de 2 millions de barils par jour placent le Nigeria en tête des producteurs  africains de pétrole et à la 10e place mondiale. Des experts déclarent toutefois que si la corruption et l’insécurité étaient réprimées, le pays pourrait doubler sa production vu ses énormes réserves de pétrole brut. Pourtant, ces dernières années, le principal moteur de la croissance économique a été le secteur non pétrolier, en particulier les télécoms et le secteur bancaire, tandis que le gouvernement relance aussi le riche secteur agricole et le secteur minier inexploité. La croissance du PIB hors pétrole est estimée à 7,8% pour 2012, tandis que la croissance globale du PIB pourrait s’élever à 6,9%, soit largement au-dessus de la moyenne régionale de 5,8%. La perspective de croissance à moyen terme demeure soutenue, même si elle est soumise à un risque baissier externe résultant de la possibilité de correction importante et prolongée du prix du pétrole.

Le Nigeria présente un grand potentiel en termes de demande, grâce à son immense et jeune population (près de 160 millions), et à sa classe moyenne en augmentation qui manifeste un goût croissant pour les biens de consommation. Le plus grand marché d’Afrique recèle aussi un gigantesque potentiel d’investissement en gaz, infrastructures, exploitation minière et agriculture. L’exploration gazière – qui doit encore être développée – devrait dépasser la dotation du Nigeria en pétrole brut. Le gouvernement aspire à ce que les IDE viennent combler le déficit d’infrastructures, en donnant la priorité au secteur de l’électricité vu les goulots d’étranglement qui provoquent une distorsion de l’approvisionnement en électricité. En privatisant le secteur de l’électricité et instaurant des tarifs correspondant aux coûts, le gouvernement espère mobiliser des investisseurs privés à la hauteur. On prévoit que la Chine prendra de grands engagements dans le financement des infrastructures nigérianes. Toutefois, cela pourrait engendrer des manifestations publiques paralysantes contre la hausse des prix de l’électricité.

Vulnérabilité d’une économie d’exportation à base restreinte

Pendant des années, les chefs militaires ont développé une dépendance malsaine envers le secteur pétrolier, négligeant tous les autres secteurs. Par conséquent, la principale vulnérabilité du Nigeria réside dans sa dépendance excessive à l’égard des revenus des exportations pétrolières, ce qui expose l’économie aux chocs extérieurs. En 2011, 78% des revenus totaux des exportations  émanaient des exportations de pétrole, tandis que les revenus du pétrole et du gaz représentaient 76,6% des revenus publics. La crise mondiale de 2009 a sévèrement affecté l’économie reposant sur une base restreinte, ce qui a mis en lumière la nécessité d’une diversification des exportations. Durant la crise, les revenus publics se sont évaporés et le solde budgétaire est resté déficitaire depuis lors, même si l’on prévoit un rétablissement en 2012, avec un excédent de 0,3% du PIB qui s'appuie sur les revenus attendus de la privatisation du secteur de l’électricité. Une faiblesse des prix pétroliers sur une période prolongée pourrait susciter des inquiétudes concernant les perspectives budgétaires du Nigeria et pourrait épuiser les réserves de change, ce qui affecterait le taux de change du Naira. La moitié du budget devrait aller aux subventions aux carburants et aux dépenses sécuritaires. Par ailleurs, le budget du pays pour les subventions aux carburants devrait être épuisé bien avant la fin de l’année, ce qui pourrait contraindre le gouvernement à emprunter sur le marché local ou international afin de combler le déficit. Afin d’améliorer son solde budgétaire structurel, le Nigeria attend toujours un accroissement des revenus hors pétrole grâce à l’amélioration de l’administration fiscale vu que les recettes fiscales sont largement inférieures à la moyenne africaine.

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Le compte courant du Nigeria a été excédentaire au cours de ces huit dernières années et il le sera  encore en 2012, avec un abondant excédent de 6,4% du PIB, ce qui génère des recettes considérables en devises. Toutefois, suite aux pressions politiques, les recettes provenant des exportations pétrolières et mises de côté dans un nouveau « Sovereign Wealth Fund » (SWF) dans le but de créer un tampon fiscal demeurent restreintes. Le SWF devrait remplacer l‘« Excess Crude Account » (ECA), mais vu que les gouvernements des États ont accès aux fonds ECA pour couvrir des dépenses publiques, ces gouvernements insistent sur une coexistence de l'ECA actuel et du nouveau SWF. En 2007, l’ECA détenait l’équivalent de 8,5% du PIB ; en 2011, il n’en détenait plus que 2%. Un SWF solide est crucial pour améliorer la gestion budgétaire, en vue de résister aux chocs extérieurs. En 2009, l’inflation a grimpé à 14% suite à la dépréciation du Naira provoquée par le plongeon des revenus pétroliers, et bien que l’inflation se soit à présent tempérée, elle s’est maintenue dans une fourchette à deux chiffres depuis la crise. Pour 2012, on prévoit que l’inflation s’élèvera à 11% suite à la hausse du prix des carburants consécutive à la suppression partielle de la subvention aux carburants.

Dans l’attente d’une clarté législative dans le secteur pétrolier

La diversification au-delà de la mono-exportation est capitale pour le développement durable, mais la réforme du secteur pétrolier l’est tout autant. La PIB (Petroleum Industry Bill, Loi sur l’industrie pétrolière) – qui devrait réguler le secteur, accroître les recettes fiscales, restructurer la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) étatique confrontée à des dysfonctionnements, promouvoir des normes environnementales et générer la transparence – est bloquée au parlement depuis des années, étant  donné que certains hauts responsables, tant au sein du gouvernement que dans le secteur privé, profitent énormément du statu quo. Compte tenu des multiples réécritures de la PIB, les avant-projets innombrables suscitent beaucoup d’ambiguïté à l'égard des implications finales de la loi, ce qui amène certains analystes à déclarer que la dernière version édulcore totalement les objectifs originaux de la loi. La NNPC a empilé les arriérés de paiement courants, s’élevant à plusieurs millions de dollars, accumulés par sa branche importatrice de carburants, Pipelines and Product Marketing Company (PPMC). Mais en raison d’un manque de transparence problématique, il est impossible de se faire une idée précise de la situation financière de la NNPC et de ses filiales. Une réforme de la dispendieuse NNPC étatique est vitale pour le secteur, en particulier pour les multinationales qui sont les partenaires de joint-venture de la NNPC. Sous la récente pression de l’enquête sur les fraudes dans le secteur pétrolier et vu les déceptions croissantes des investisseurs, le président Jonathan a réclamé que la loi soit adoptée pour la fin 2012. On estime en outre que les compagnies publiques et pétrolières perdent jusqu’à 1 milliard USD par mois en raison de vols de pétrole, un phénomène également connu sous le vocable « soutage ». Cette pratique est sous le contrôle de cartels criminels organisés en réseaux criminels à l’échelle planétaire. Après avoir ignoré le problème pendant des années, le gouvernement a finalement reconnu son ampleur et annoncé qu’il allait s’y attaquer.

Pendant des années, l’appétit des investisseurs a été tempéré par une corruption grandissante, l’insécurité dans la région du Delta, et surtout, l'incertitude du cadre réglementaire. Le gouvernement n’a pas organisé la moindre procédure d'octroi de licence en l’espace de cinq ans et les investissements opérés dans la maintenance et l’exploration reculent toujours. Désormais, quelle que soit l'importance des lacunes de la loi, la suppression de l'ambiguïté réglementaire sera en soi bénéfique au secteur.

Réalisation d’une position financière saine

Durant la crise mondiale de 2008-2009, le marché boursier nigérian a plongé de 70% et de nombreuses banques du pays ont subi de lourdes pertes. La CBN (Banque centrale du Nigeria) a dû sauver 8 des 24 banques du pays par des injections de capitaux et de liquidités. En fait, la CBN a impressionné le monde extérieur par sa gestion de la crise et sa capacité à éviter une panique bancaire. La recapitalisation des banques soutenues s’est achevée avec succès à la fin 2011. Les prêts non performants ont fortement diminué et le crédit a cessé de se contracter. En outre, les retombées de potentiels problèmes bancaires dans la zone euro paraissent réduites, étant donné que les banques nationales dépendent relativement peu des financements extérieurs. Avant la crise de 2009, les réserves de change nigérianes avaient atteint des valeurs très confortables, se traduisant par une couverture des importations supérieure à un an. En 2009, les réserves ont chuté et sont ensuite restées stables (4 mois de couverture des importations) en raison de sorties nettes de capitaux reflétant l'incertitude au niveau national et mondial d'une part, et d'interventions de la CBN destinées à éviter une dépréciation de la monnaie en 2011 d’autre part.

Néanmoins, les réserves de change officielles demeurent deux fois plus élevées que le niveau de la dette extérieure, ce qui fait du Nigeria un créancier net.

Avant la réduction de sa dette par le Club de Paris, le Nigeria avait très mauvaise réputation en matière de remboursements de dette, une situation qui s’est améliorée avec l’embellie de sa solvabilité. En 2005, le Nigeria a signé un accord avec le Club de Paris visant à réduire de manière significative ses ratios de dette extérieure vu que le Club de Paris détenait 85% de l’ensemble de ses dettes extérieures. Au total, le Nigeria a remboursé 12 milliards USD, tandis que 20 milliards USD ont été annulés. Depuis lors, le Nigeria a conservé son excellente position de dette extérieure, affichant des ratios d’endettement loin en dessous des seuils critiques. La dette extérieure en tant que pourcentage du PIB a oscillé en permanence aux alentours de 6-7% au cours des six dernières années, tandis que le service de la dette est resté en dessous de 1% des recettes du compte courant. Étant donné que l’endettement à court terme est tout aussi viable, on peut dire que le Nigeria se trouve dans une position financière solide. La dette publique nigériane est principalement financée par des emprunts sur le marché intérieur, même si le ministère des Finances tient à réduire le pourcentage de financement intérieur vu les taux d'intérêt élevés et l'éviction potentielle du secteur privé. Avec la perspective d’investissements considérables en infrastructures, un recul possible du prix du pétrole ou une chute de la production pétrolière, la charge de la dette internationale du Nigeria pourrait s'alourdir avec le temps. Quoi qu’il en soit, le point de départ est très favorable, avec un faible risque de surendettement.

Conclusion

La deuxième économie d’Afrique dispose de solides fondamentaux économiques, mais l’escalade de la violence ethnique constitue un risque politique élevé qui pourrait déstabiliser le pays. Jusqu’ici, il semble que la stratégie militaire mise en place pour répondre à l’insurrection de Boko Haram ait débouché sur une escalade de la violence.

L’année passée, le président Jonathan s'est engagé à combattre la mauvaise administration du Nigeria par la privatisation du secteur de l’électricité, la réduction des subventions au pétrole, la réforme du secteur pétrolier (la PIB) et l’éradication de la corruption. Les réformes sont toutefois bloquées par des responsables à qui profite le statu quo et en raison de la crainte de nouvelles manifestations publiques paralysantes. Il est peu probable que la population accepte une augmentation des prix du pétrole et de l’électricité à moins que les procès pour corruption impliquant de hauts fonctionnaires ne soient aussi examinés et menés à leur terme. Il est possible de résoudre la vulnérabilité budgétaire du Nigeria aux chocs extérieurs en améliorant l’administration fiscale et créant un SWF spécifique faisant office de tampon fiscal en cas de détresse. Par ailleurs, après des années de boycott très haut placé, il semble que le président Jonathan insiste finalement pour que la PIB soit adoptée afin de stimuler les investissements en stagnation avant la fin de son mandat.

Le président Jonathan doit relever des défis de taille pour faire adopter la PIB, créer un SWF, s’attaquer à la corruption, instaurer des privatisations sans déclencher de manifestations publiques, et surtout, protéger les Nigérians des attaques mortelles de Boko Haram tout en évitant des représailles violentes. Actuellement, le mécontentement à l’égard de l’autorité de Jonathan semble prévaloir et pourrait compliquer sa réélection.

Analyste: The Risk Management Team, l.vancauwenbergh@credendogroup.com