Facteurs de risque et perspectives

La plus importante économie africaine traverse une période difficile. L'économie nigériane est frappée de plein fouet par l'effondrement des prix internationaux du pétrole, tandis que la violence et la guerre déchirent certaines régions du pays. Les excédents extérieurs s'érodent, les réserves de change ont fondu et la monnaie locale a dû être dévaluée à deux reprises ces derniers mois. Le risque commercial du Nigéria est classé au niveau de risque le plus élevé (C) en raison de son historique défavorable en termes de corruption, de son cadre institutionnel faible et d'un taux de change sous pression. Suite à la diminution de la liquidité et à une insécurité qui se répand, la position économique à court terme obtient un rating de risque politique supérieur (4/7). En plus de ces tensions économiques, le pays a récemment connu une campagne électorale féroce qui a fait apparaître une polarisation régionale et communautaire, faisant craindre des litiges électoraux et une explosion de violence politique dans le pays le plus peuplé du continent. Au lieu de cela, les élections se sont déroulées pacifiquement et ont apporté un grand soulagement, servant ainsi d'exemple de démocratie en Afrique. En outre, le fait d’avoir pu organiser des élections crédibles dans des circonstances aussi difficiles pourrait même redorer le triste blason national et international du Nigéria.

Les défis qui attendent le nouveau gouvernement seront nombreux, vu les grandes espoirs que nourrit la population à une époque où les caisses de l'État se vident. D'une part, tôt ou tard des mesures d'austérité impopulaires s’imposeront afin de combler la perte flagrante de revenus pétroliers. D'autre part, un accroissement des obligations de dette extérieure sera inévitable. Même si le Nigéria présente un faible risque de surendettement, le durcissement prévu des conditions de financement externe devrait faire grimper son risque de change et de refinancement. Par ailleurs, reste à savoir si le nouveau gouvernement pourra surmonter les obstacles sous-jacents par la mise en œuvre de réformes structurelles ambitieuses pour attirer des investissements et libérer un potentiel économique plus large. Toutefois, des inquiétudes en matière de sécurité – à savoir l’escalade de la violence dans le delta du Niger ou encore l'échec répété de la stabilisation dans le nord – continuent de peser sur les perspectives du pays. Tous ces éléments justifient que le Nigéria se retrouve dans une catégorie de risque politique à long terme plus sévère (5/7).

Faits & Chiffres

Forces

  • Abondantes ressources naturelles
  • Plus important marché d’Afrique
  • Faibles ratios d'endettement
  • Créancier extérieur net

Faiblesses

  • Corruption profondément enracinée
  • Insécurité dans le nord et le delta du Niger
  • Incertitude du cadre réglementaire
  • Vulnérable aux chocs extérieurs

Principales exportations

  • Pétrole et gaz (75,3% des recettes du compte courant), transferts privés (17,8%)

Groupe de revenus

  • Pays à revenus intermédiaires faibles

Revenu par habitant

  • 2.760 USD

Population

  • 173,6 M

Description du système électoral

  • Présidentiel : tous les 4 ans, dernière élection en mars 2015
  • Législatif : tous les 4 ans, dernière élection en mars 2015

Chef d’État et de gouvernement

  • Président Muhammadu Buhari

Évaluation du risque pays

Fondations de la plus importante économie d'Afrique

Un Africain sur cinq est Nigérian vu que la population du pays atteint un niveau effarant de 174 millions de personnes. Le Nigéria est non seulement le plus important marché d'Afrique, mais avec une production pétrolière d'environ 2 millions de barils par jour, il est aussi le principal exportateur de pétrole d'Afrique. Et pour couronner le tout, la « refonte » du PIB opérée en avril par le Bureau national des statistiques a fait du Nigéria la plus importante économie d'Afrique, devant l'Afrique du Sud.
Le PIB par habitant demeure toutefois deux fois moins élevé que celui de son homologue sud-africain. En effet, la pauvreté est généralisée et progresse même. Le Nigéria se classe ainsi à la 152ème place sur 187 pays dans l'indice de développement humain des Nations Unies, tandis que le chômage des jeunes a franchi le seuil des 50%. Le sous-développement et l'inégalité sont d'importantes lacunes qui ont alimenté le conflit et l'instabilité dans ce grand pays.

GrapheFR1NigeriaMay2015

L’activité économique interne du Nigéria est relativement bien diversifiée. Grâce à l'impulsion donnée par la consommation interne et des secteurs non pétroliers tels que le textile, les télécommunications, l'immobilier et l'agriculture, la croissance économique moyenne a atteint 6,7% au cours de la dernière décennie. En revanche, le budget public et la balance commerciale dépendent excessivement des revenus pétroliers, rendant ainsi le pays très vulnérable. Environ 60% des recettes budgétaires sont liées au pétrole et les exportations pétrolières représentent 75% des recettes totales d'exportation. Le Nigéria est ainsi exposé à des chocs sur les matières premières, à l'instar du plongeon de 50% des prix pétroliers internationaux enregistré depuis le deuxième semestre 2014 (voir infra).

À l'échelle mondiale, le Nigéria se classe à la 10ème place du classement des réserves avérées de pétrole brut (voir graphique ci-dessus). Les experts affirment qu'il serait possible de doubler la production si la corruption et l'insécurité ne maintenaient l'exploitation des hydrocarbures en dessous de son potentiel. Durant les années de régime militaire qui ont précédé 1999, une corruption débridée s'est enracinée, en particulier dans le secteur pétrolier. Le cadre juridique destiné à réformer le secteur pétrolier, à savoir le Projet de loi sur l'industrie pétrolière (LIP), est retardé au parlement depuis 6 ans. En effet, certains hauts fonctionnaires sont les grands bénéficiaires du dysfonctionnement opaque de ce secteur. La LIP devrait restructurer la « Nigerian National Petroleum Corporation » (NNPC), accroître la transparence et les recettes fiscales, mais aussi s'attaquer à l'infrastructure chancelante et mettre fin aux irrégularités concernant les subventions pétrolières qui encouragent le vol de pétrole (« bunkering ») et la corruption. Le commerce illégal de pétrole volé alimente la violence, tandis que les gaspillages pétroliers polluent la région. Depuis des années, l'absence de réformes aussi importantes a tempéré l'appétit des investisseurs dans le potentiel du pays. Par conséquent, l'afflux d'investissements directs étrangers en 2014 a été réduit par quatre par rapport à 2011 (voir graphique ci-dessous).

GrapheFR2NigeriaMay2015

Un combat douloureux contre Boko Haram

Ces 12 dernières années, une insurrection dans le nord du Nigéria, incarnée par le groupe islamiste Boko Haram, a fait des milliers de morts et affecte les moyens d'existence de millions de personnes. Entre 2002 et 2009, l'objectif principal du groupe était la création d'un État islamique fondamentaliste dans le nord du Nigéria, mais en ayant recours à une stratégie non violente. À l'époque, Boko Haram dénonçait la corruption et la mauvaise gouvernance et plaisait à la population musulmane locale, car il fournissait des services que l'État n’assurait pas (emploi, éducation). En 2009, le gouvernement a intensifié sa stratégie militaire, tuant le leader de Boko Haram - Muhammed Yusuf - lors d'une exécution extra-judiciaire en même temps que 800 de ses sympathisants. Abubakr Shekau a ensuite repris le flambeau, faisant entrer Boko Haram dans une nouvelle phase de radicalisation et de clandestinité. La condamnation de la marginalisation économique et de la pauvreté (le PIB par habitant dans le nord est inférieur de moitié à celui du sud) sert d'instrument de mobilisation et séduit particulièrement les jeunes. Par ailleurs, la religion est utilisée pour justifier ses objectifs et diaboliser les opposants. Sous la direction de Shekau, la tactique du groupe a évolué vers un recours plus systématique et sans borne à la violence, qui vise non seulement des cibles chrétiennes, commerciales et gouvernementales ou sécuritaires, mais aussi les religieux musulmans critiques, les chefs traditionnels et les civils, par le biais d'attaques punitives et la destruction de villages.

La vaste expansion géographique de Boko Haram met en évidence la totale incapacité de l'armée à contrer l'insurrection. Cette guerre, aussi longue qu'acharnée, a sapé le moral et le prestige de l'armée qui connaît des pénuries de matériel et une division croissante parmi ses rangs. La violence a repris de plus belle ces derniers mois, pour s'étendre à d'autres pays, suscitant l'indignation internationale. Une task force internationale commune aux pays voisins du Tchad, du Cameroun et du Niger a dès lors été mise sur pied. Cette nouvelle offensive a permis de remporter quelques victoires contre Boko Haram pendant la campagne électorale, même si elle a encore fait reculer le Nigéria dans sa prétention d'être la principale force militaire de la région. Malgré les pertes importantes subies pendant cette offensive conjointe, la force de frappe de Boko Haram reste pour l'heure intacte, en particulier dans les zones frontalières. Il est probable que le président fraîchement élu se focalise davantage sur cette insurrection, ce qui renforce l'espoir d'une amélioration de la situation sécuritaire qui dépend avant tout d'une réorganisation militaire crédible.

Des élections historiques précédées d'une campagne placée sous le signe de la crainte

Le 28 mars 2015 a vu, pour la première fois de l'histoire du Nigéria, la victoire de l'opposition dans une élection multipartite. Le parti au pouvoir, le People’s Democratic Party (PDP) n'a pas tiré parti des avantages traditionnels dont jouit le pouvoir en place et qui ont été fréquemment utilisés pour truquer les élections dans le passé. Le PDP est arrivé au pouvoir en 1999 après des décennies de pouvoir militaire et de coups d'État quand le président élu démocratiquement, Obasanjo a prêté serment. Son camarade du parti, Goodluck Jonathan, a repris les rênes en 2010 - après la mort du Président Umaru Musa Yar’Adua durant l'exercice de ses fonctions - et a été réélu pour son premier mandat complet en 2011. Lors de l'élection de cette année, le PDP était en lutte avec l'APC (All Progressive Congress), un nouveau parti fusionnant tous les principaux partis d'opposition et complété par des membres influents qui ont démissionné du PDP, mécontents de la présidence de Jonathan. Le candidat de l'APC à la présidence, l'ancien général Muhammadu Buhari, s'était emparé du pouvoir par un coup d'État militaire voici trente ans et n'avait pas réussi à sortir vainqueur des urnes lors de ses tentatives ultérieures depuis la démocratisation.

La polarisation s'est amplifiée vu que le président sortant Goodluck Jonathan est un chrétien du sud et Buhari un musulman du nord. Pendant la campagne, la division régionale et la méfiance entre communautés religieuses se sont accélérées et ont suscité des craintes de violences électorales. De plus, l'impression de sobriété et de sévérité anti-corruption donnée par Buhari a fait peur à l'élite dirigeante menant des trains de vie dispendieux. Au début février, le gouvernement a différé les élections de six semaines pour des raisons de sécurité, mais il s'agissait en fait d'une tentative désespérée de la part du PDP et de son aile militaire visant à éviter de perdre les élections et les privilèges qu'elles confèrent, dont un de ceux-ci et non des moindres est d'échapper à la lutte contre la corruption. Par conséquent, les observateurs craignaient qu'une défaite du PDP soit mal acceptée. À la surprise générale, le processus électoral s'est avéré plutôt pacifique et transparent, malgré les craintes de violence et de déstabilisation. Buhari l'a finalement emporté avec une nette majorité (54,5%) qui a légitimé son mandat à l'échelle nationale. La volonté de Jonathan de reconnaître cordialement sa défaite et d'inciter ses supporters à accepter le verdict a directement faire retomber la menace de troubles et a contribué à stabiliser le pays après une période électorale précaire.

Le vote du changement, mais il reste des défis de taille

Les Nigérians ont voté pour le changement au-delà des clivages religieux ou régionaux, désabusés par le flot de scandales de corruption, le népotisme flagrant et les conditions socio-économiques difficiles connues sous la présidence de Jonathan. En outre, la manière dont l'élite dirigeante a minimisé, pendant des années, le conflit avec Boko Haram dans le nord a terni d'autant plus l'image de Jonathan. Il est à espérer que le nouveau gouvernement de technocrates emmené par Buhari obtiendra de meilleurs résultats et rétablira la confiance dans la gouvernance nigériane. Il se focalisera probablement avant tout sur des initiatives de lutte contre la corruption et la réorganisation de l'armée. Cela devrait contribuer à restaurer la réputation du pays en vue d'attirer davantage d'investisseurs et inciter les donateurs et partenaires commerciaux à se réengager. Par ailleurs, les promesses de campagne quant à une plus grande décentralisation du pouvoir permettront aux gouvernements des États de mieux contrôler les priorités politiques, à la place d'une seule planification centralisée.

Toutefois, les défis seront nombreux, vu les grands espoirs placés dans un gouvernement dont les coffres sont bien maigres en raison d'une campagne électorale coûteuse et de l’effondrement mondial des prix pétroliers. Par conséquent, il faudra tôt ou tard prendre des décisions difficiles et impopulaires, avec la probabilité d'un retour de flamme anti-gouvernemental qui pourrait se cristalliser dans le delta du Niger, favorable au PDP. Les attaques sporadiques du fait des milices du delta du Niger contre les pipelines de pétrole/gaz et les travailleurs étrangers ou locaux se sont déjà à nouveau intensifiées. Buhari ne devrait pas perdre de vue que les milices du sud du delta du Niger pourraient aussi devenir dangereuses pour la stabilité si elles étaient négligées au profit d'une focalisation exagérée sur Boko Haram.

Les sombres conséquences d'un plongeon des prix pétroliers…

Depuis le boom du gaz de schiste que connaît son principal acheteur de pétrole, les États-Unis, le Nigéria a commencé à s'intéresser davantage à sa clientèle asiatique. La chute brutale des prix pétroliers internationaux en juin 2014 et une production pétrolière inférieure aux objectifs ont toutefois mis en lumière le point sensible du Nigéria, à savoir sa dépendance envers le pétrole. La croissance économique devrait retomber à 4,8% en 2015 - son niveau le plus bas depuis plus de dix ans – après une diminution des exportations, une réduction des investissements publics et un tassement de la consommation intérieure. D'après les projections, les prix pétroliers ne devraient pas totalement retrouver leurs niveaux des années précédentes. C'est pourquoi l'importance de la diversification économique afin d'éviter la dépendance à l'égard du pétrole brut est subitement devenue un sujet très sensible.

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Le Nigéria fait malheureusement partie de ces pays qui ont dilapidé leurs économies obtenues grâce au pétrole pendant les jours fastes et sont aujourd’hui confrontés à des réserves insuffisantes face à cette période difficile. Le fonds d'épargne du pétrole - Excess Crude Account - s'élevait à peine à 2 milliards USD en 2014, alors qu'il était de 10 milliards USD en 2012, un niveau largement insuffisant pour couvrir le choc provoqué par la chute des recettes pétrolières. Le gouvernement est dès lors contraint de réaliser des ajustements fiscaux difficiles par le biais d'une réduction des dépenses et d'une augmentation des taxes frappant les secteurs non pétroliers (même si le vaste secteur informel est hors de portée des autorités fiscales). Il s'efforcera dès lors, dans le cadre d'une politique d'austérité, de garder le déficit budgétaire en dessous de 3% du PIB en 2015, avec un prix du pétrole repère budgétisé qui a été abaissé de 77 USD/baril à 52 USD/baril.

Le plongeon des recettes d'exportation a érodé l'excédent du compte courant du Nigéria, qui devrait grosso modo s'équilibrer pour les années à venir. En termes de flux de capitaux, l'effondrement du prix du pétrole combiné à l'incertitude liée aux élections et l'inversion de l'appétit pour le risque des investisseurs ont déclenché d'importants exodes de capitaux en 2014 et au début 2015. Il s'en est suivi un net recul des réserves internationales (voir graphique suivant) et une forte pression sur la monnaie locale (naira). Suite au recul des flux entrants de dollars, il est devenu difficile de continuer de défendre la valeur du naira dans le régime de taux de change fixe par la vente de ces réserves de change qui s'amenuisent. Pour la première fois en novembre 2014, la Banque centrale du Nigéria (CBN) a donc dû dévaluer officiellement sa monnaie de 8% par rapport au dollar US (taux de change ajusté de N155 par USD, à N168). En même temps, on a assisté à un durcissement de la politique monétaire par le biais d'une hausse du taux d'intérêt de référence pour la première fois en trois ans, pour atteindre un record de 13% (12% précédemment), afin de contrer l'inflation croissante qui devrait se situer aux alentours de 11,5% en moyenne en 2015. La pression a toutefois persisté, ce qui, fin février, a contraint la CBN à mettre en œuvre d'autres réglementations de change et à procéder de facto à une seconde dévaluation par l'abandon temporaire de son système de vente aux enchères. Par conséquent, le taux de change a virtuellement gagné en flexibilité et le naira a perdu 20% de sa valeur. Depuis les élections pacifiques, l'incertitude du marché et la spéculation se sont quelque peu apaisées, une situation a qui aidé le naira à se stabiliser aux environs de 200 N par dollar US, ce qui devrait devenir le nouveau taux fixe (actuel). Malgré leur érosion, les réserves de change présentent toujours des niveaux de liquidité adéquats : la couverture des importations est de 4 mois, même si, en valeur nominale, elles ont chuté sous les 3 milliards USD.

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Cette année, l'austérité budgétaire et la poursuite d'une politique monétaire stricte seront indispensables pour compenser l'impact flagrant de la diminution des recettes pétrolières. Le nouveau gouvernement devra résoudre les goulots d'étranglement liés à une infrastructure déficiente (électricité et transport) et mettre en œuvre des réformes réglementaires structurelles, à l'instar de la LIP ajournée, pour relancer les investissements étrangers et améliorer les perspectives de croissance. L'économie devrait dès lors afficher une certaine résilience et atteindre – ceteris paribus - une croissance moyenne de 5,4% au cours des quatre prochaines années.

… mais les fondamentaux à long terme semblent être en harmonie avec la baisse des revenus

Vu l'encours limité de la dette publique, les finances publiques du Nigéria sont considérées comme solides et viables sur le moyen-long terme. La dette publique s'élevait à 10,5% du PIB en 2014. Vu que seuls 2% du PIB sont détenus par des intérêts étrangers (en grande partie à des conditions concessionnelles), le Nigéria est un important créancier net international. L'encours de dette extérieure totale appartient, pour moitié environ, à des intérêts privés. Le recul des ratios de dette (voir graphique ci-dessous) s’explique par l’accord avec le Club de Paris qui a vu le Nigéria rembourser 12 milliards USD à ses créanciers en échange d’une annulation de 20 milliards USD d'arriérés. Depuis lors, les ratios bruts de dette extérieure sont restés largement en dessous des seuils critiques, même s'ils ont plus que triplé en termes nominaux au cours des 8 dernières années.

Il est dès lors juste de dire qu'actuellement, le risque de surendettement demeure réduit, en dépit de la faiblesse des prix pétroliers qui pèse sur les liquidités du Nigéria. Le pays dispose d’une marge plus que suffisante pour souscrire de nouvelles obligations d'endettement afin de parer à la diminution de ses recettes pétrolières. Les coûts de financement extérieur devraient toutefois augmenter, en raison du resserrement prévu de la politique monétaire des États-Unis, et modérer la liquidité globale. Vu le compte de capital relativement ouvert du Nigéria, le gouvernement et le secteur privé sont tous deux fort exposés à la volatilité du marché financier international. Des conditions d'emprunt extérieur moins favorables et la hausse des taux d'intérêt intérieurs accéléreront l’augmentation des niveaux d'endettement tout en augmentant la charge du service de la dette. En outre, une appréciation continue du dollar viendrait alourdir le coût du service de la dette libellé en dollars. Par conséquent, indépendamment de l'encours de dette viable, le risque de change et le risque de refinancement devraient augmenter à court terme.

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Analyste: The Risk Management Team,l.vancauwenbergh@credendogroup.com