• Mission économique en Indonésie du 12 au 19 mars 2016 sous la présidence de SAR la Princesse Astrid.
  • L’Indonésie est aujourd’hui considérée comme l’une des grandes puissances économiques émergentes.
  • La stabilité politique est de retour : après une année de mandat difficile, le Président Widodo renforce sa position.
  • Malgré la dégradation de certains paramètres, l’économie indonésienne s’appuie sur une large assise, forte de sa demande intérieure et du développement de la classe moyenne. La consommation des ménages, l’autre principal moteur de la croissance, est solide.
  • Les experts du Groupe Credendo, l’assureur-crédit public belge, sont optimistes sur les perspectives d’avenir.

Depuis 2012, l’Indonésie connaît un ralentissement économique. La baisse du prix des matières premières et le ralentissement de la Chine, combinés à une défiance accrue des investisseurs envers les marchés émergents, en sont les principaux facteurs. C’est la raison pour laquelle, étant un important exportateur de matières premières, l’Indonésie a connu une détérioration de sa liquidité extérieure qui a contraint le Groupe Credendo à rétrograder le risque politique du pays à court terme à une notation de 3 sur une échelle allant jusqu’à 71. En ce qui concerne le risque commercial, l’Indonésie pâtit d'un climat des affaires assez difficile. Par conséquent, le Groupe Credendo classe le risque commercial en catégorie C (sur une échelle de A à C)2.

« Tant pour les opérations d’exportation assorties d’une durée de crédit de court terme que pour celles faisant l’objet d’une durée de crédit de moyen/long terme, le Groupe Credendo peut offrir la couverture des risques politiques et commerciaux en « open account », c’est-à-dire sans qu’une garantie bancaire soit requise et sans autres conditions particulières. Les plafonds de couverture du Groupe Credendo pour ce pays ont été établis à 2.250 millions d’euros pour le court terme et les affaires spéciales et à 1.500 millions d’euros pour le moyen/ long terme et les investissements. » explique Nabil Jijakli, Deputy CEO du Groupe Credendo.

Un mandat politique prometteur mais difficile pour le Président Widodo

L’enthousiasme qui a entouré l’arrivée au pouvoir du Président Joko Widodo n’a pas fait long feu. Son élection, en juillet 2014, a constitué un événement marquant de l’histoire politique indonésienne. Dans un premier temps, les investisseurs ont bien accueilli la consolidation de la démocratie et l’esprit réformateur de Widodo. Toutefois, il est rapidement apparu que ces avantages allaient se transformer en faiblesses.

Après une première année de mandat difficile, le Président Widodo pourrait connaître davantage de stabilité politique, mais en y mettant un certain prix : revoir à la baisse les ambitions de son programme réformateur, mener une politique nationaliste pour satisfaire le parti Golkar et resserrer les liens avec l’armée afin de renforcer son pouvoir. « Le Président est partagé entre ses engagements politiques et la nécessité de satisfaire les intérêts de différents groupes et d’accorder des concessions aux partis de la coalition pour faire adopter des lois. Sa capacité à trouver un juste équilibre entre ces deux aspects sera déterminante pour maintenir la stabilité politique et progresser dans le respect des attentes de son électorat pendant le reste de son mandat. » déclare Nabil Jijakli.

Les matières premières et la Chine provoquent un atterrissage en douceur de l’Indonésie

Depuis quelques années, l’économie indonésienne a lentement perdu de son dynamisme, en grande partie en raison d’évolutions extérieures négatives. La crise de l’euro, un contexte économique mondial plus morose, le ralentissement chinois, et surtout la chute des prix des matières premières ont plombé les performances économiques du pays.

La croissance du PIB n’a cessé de s’essouffler depuis 2011, pour atteindre son plus bas niveau depuis 6 ans, à 4,7% l’année passée. « En attendant une remontée des prix des matières premières, un rebond de croissance du PIB pour retrouver son niveau habituel pourrait prendre un certain temps et dépendre des réformes structurelles. Plus généralement, l’Indonésie pâtit également d’une perception plus pessimiste des investisseurs envers les marchés émergents. » explique Nabil Jijakli.

Malgré la dégradation des paramètres économiques, la grande économie indonésienne s’appuie sur une large assise, elle est bien gérée et conserve sa résilience grâce à la demande intérieure et au développement de la classe moyenne. La consommation des ménages, l’autre principal moteur de la croissance, est solide et devrait tirer profit d’une nette diminution de l’inflation.

Perspectives d’avenir

Selon les projections, alors que l’évolution du contexte extérieur reste incertaine et que le ralentissement de la Chine, premier partenaire commercial, se poursuivra, les perspectives à moyen terme de l’Indonésie sont encore haussières.

« Cette année, les risques les plus imminents seront de deux ordres : l’impact des sorties de capitaux sur la balance des paiements et celui de la forte dépréciation de la roupie sur les remboursements de la dette extérieure, vu que les entreprises locales ont considérablement accru leurs emprunts en USD ces dernières années. Mais les prévisions de croissance économique devraient à nouveau s’orienter vers les 6% à long terme grâce à l’amélioration du cycle économique, et en particulier au soutien apporté par l’important plan de développement des infrastructures du Président Widodo.» conclut Nabil Jijakli, Deputy CEO du Groupe Credendo.

1 Une échelle de 1 à 7, 1 étant la catégorie la plus favorable
2 Une classification de A à C, A étant la classification la plus favorable