• Une mission économique sous la présidence de SAR la Princesse Astrid et en présence de près d’une centaine d’entreprises belges se tiendra en Argentine et en Uruguay du 23 au 30 juin 2018.
  • Pour beaucoup de PME belges, l'Amérique latine reste une terre relativement inconnue. Au sein de l’Union Européenne, la Belgique n’occupe que la 6ème pour les exportations vers l’Argentine (6,5%) et la 7ème place pour les exportations vers l’Uruguay (6,9%). 
  • Pourtant, plusieurs pays de cette région offrent de bonnes opportunités commerciales. Cette mission économique est donc l'occasion pour les entreprises participantes de rencontrer d'autres sociétés qui ont réussi à prendre pied en Argentine et en Uruguay et de découvrir les opportunités d'affaires et d’investissements.
  • Les experts de Credendo (ex-Ducroire) soulignent l’importance d’une bonne préparation avant d’aborder ces marchés.

L’Argentine : déséquilibres macro-économiques malgré une transition vers des politiques plus orthodoxe

Facteurs de risques et perspectives

L’Argentine, 3ème puissance économique de l’Amérique latine, est un pays riche en ressources naturelles mais qui connaît un contexte politique et économique relativement difficile. « Depuis l’élection du président Mauricio Macri fin 2015, marquant une rupture avec 12 années de populisme kirchnérien, et le règlement de la dette du pays envers ses débiteurs début 2016, l’Argentine semble avoir tourné la page de son exclusion des marchés internationaux. Toutefois, malgré les efforts, la performance économique ne semble pas être à la hauteur des attentes du gouvernement. » explique Nabil Jijakli Group Deputy CEO de Credendo.
 
Au vue de la situation politique actuelle, Credendo classe le risque politique à court terme en catégorie 4/7. Bien que l’augmentation des réserves de change améliore les liquidités, la hausse rapide de la dette à court terme est préoccupante. A moyen et long terme, l’assureur-crédit classe le risque politique en catégorie 5/7. Les taux d’intérêt et une inflation élevés, la forte dépréciation du peso et l’environnement d’entreprises relativement difficile expliquent le classement du risque commercial de l’Argentine en catégorie C.

Trois risques de ralentissement à suivre

Selon les experts de Credendo, trois risques de ralentissement assombrissent les perspectives économiques. Le premier risque a trait au déficit du compte courant qui s’est accentué ces dernières années et qui devrait encore se détériorer à -5,1% du PIB au courant de cette année en raison de la forte sécheresse qui nuit aux exportations de soja (principale exportation du pays, qui représente environ 20% des recettes du compte courant), et de la hausse des prix du pétrole. Au cours des prochaines années, le déficit actuel devrait continuer à se creuser, jusqu'à environ -6 % du PIB, en raison du ralentissement de l’économie chinoise, des prévisions de prix relativement faibles de ses principales exportations et des importations de biens d'investissement.
 
Le second risque résulte de l’augmentation rapide de la dette extérieure. Elle se situe à un niveau relativement modeste par rapport au PIB (environ 36 % du PIB à la fin 2017) mais, comparée aux recettes de compte courant, elle s’établit à un niveau relativement élevé, soit environ 300%. En outre, les ratios de dette extérieure devraient augmenter prochainement en raison du déficit du compte courant et du déficit budgétaire ainsi que de la chute du peso.
 
Enfin, le troisième risque concerne l’inflation élevée du pays. Il s’agit même de l’inflation la plus élevée d’Amérique latine, derrière le Venezuela. Après avoir chuté en 2017, l’inflation devrait se situer aux au-dessus de 20% cette année, un niveau qui demeure élevé.

Uruguay : modèle de stabilité économique et politique

Facteurs de risques et perspectives

« L’Uruguay est un modèle de stabilité politique et économique dans la région. Elle jouit d’un climat des affaires positif. Le pays enregistre une croissance positive de son PIB depuis 15 ans et la balance courante s'est récemment soldée par un excédent. Ses principaux points faibles demeurent la dette extérieure et la dette publique, qui sont toutes deux élevées. » explique Nabil Jijakli. Compte tenu de sa stabilité politique et de sa résilience économique, Credendo classe le risque politique en catégorie 3 sur 7 à court terme et à moyen et long terme.
 
L'environnement des affaires s'est fortement amélioré au cours de l'année passée. L'amélioration des perspectives de croissance, de la balance courante et de l'accès au crédit, combinée à une inflation modérée a conduit Credendo à classer l'Uruguay dans la catégorie de risque la plus basse pour ce qui est du risque commercial systémique (A sur une échelle de risque de A à C).
 
Les perspectives générales sont stables, mais demeurent néanmoins vulnérables aux chocs extérieurs en raison de la grande ouverture économique du pays. Ces chocs potentiels tiennent principalement à la montée du protectionnisme commercial à l'échelle mondiale, à la remontée des cours du pétrole et à des prix bas à l'exportation. À l'échelle nationale, des efforts importants sont continuellement déployés en vue de l'assainissement des finances publiques.

Maîtriser le déficit budgétaire persistant pour maintenir la viabilité de la dette publique

Au cours des dernières années, le déficit budgétaire a augmenté, mais l'assainissement des finances publiques devrait maintenir la viabilité de la dette publique. Après avoir atteint un sommet au début des années 2000, la dette publique a fortement chuté, passant à environ 66% du PIB fin 2017. Cela étant, elle n'a cessé d'augmenter au cours des cinq dernières années en raison de l'accroissement du déficit budgétaire. Dans la perspective de la réduction du déficit budgétaire au cours des années à venir, la dette publique devrait rester stable, à environ 65 % du PIB.

Croissance positive et économie diversifiée

L’Uruguay n'a cessé d'afficher une croissance positive malgré la crise économique mondiale de 2008 et, plus récemment, la récession qui a frappé le Brésil et l'Argentine en 2016. Depuis 2004, l'Uruguay est l'une des économies à plus forte croissance de l'Amérique latine. En 2018, le pays compte 15 années de croissance économique ininterrompue. Même si la croissance est susceptible de ralentir au cours des prochaines années par rapport à la moyenne des dix dernières années – supérieure à 4 %, elle devrait rester forte, aux alentours de 3%, stimulée par un investissement prévu dans les infrastructures ferroviaires. À l'heure actuelle, l'économie du pays est relativement diversifiée, les principaux secteurs d'exportation étant le tourisme, la viande et les produits manufacturés. L’Uruguay s'est également engagé dans de nouveaux secteurs comme les services logiciels et audiovisuels.
 
« La mission sera également le moment idéal de souligner quelques beaux projets entre l’Uruguay et la Belgique. Un bel exemple est la société AMB SA qui signera, lors de la mission, un contrat avec la société uruguayenne Trenal pour la fourniture et l’installation de 2 machines de type Ecosteryl 250 pour le traitement des déchets médicaux. Credendo assurera non seulement cette transaction, mais offrira également un financement de 4 ans au client uruguayen pour payer ces équipements. » explique Nabil Jijakli.

L’Argentine et l’Uruguay : deux marchés contrastés mais avec du potentiel

« Les entreprises belges découvrent peu à peu le potentiel économique de l’Amérique latine. L’Argentine et l’Uruguay sont deux marchés contrastés mais qui présentent de réelles opportunités d’affaires. Ce ne sont pas des marchés faciles à aborder mais ils offrent une panoplie d’opportunités aux entreprises de divers secteurs. Mais pour y réussir son activité, il est essentiel de s’entourer de bons conseils et d’avoir une bonne connaissance des enjeux économiques, sociaux et politiques. » explique Nabil Jijakli.
 
Contact presse
Nabil Jijakli
Group Deputy CEO
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E n.jijakli@credendo.com
M +32 478 25 11 33