• Perspective d’embellie économique pour l’Iran avec la levée de la plupart des sanctions économiques qui frappent le pays depuis plus de dix ans.
  • La levée des sanctions devrait permettre aux autorités d’être davantage enclines à poursuivre les réformes visant à améliorer le climat des affaires, notamment pour attirer de nouveaux investisseurs étrangers.
  • Un pays et un marché en plein développement.

Pourtant relativement diversifiée, l’économie iranienne a été lourdement affectée par les sanctions internationales. L’intensification de ces sanctions en 2012 a aggravé le déficit budgétaire, et a provoqué une forte contraction économique. Avec la levée de la plupart des sanctions, l’année 2016 devrait marquer le retour rapide d’une embellie économique.

L’assureur-crédit public belge, Credendo Group, évalue actuellement le risque politique du pays à court et à long terme comme important (catégorie 6 sur une échelle de 1 à 7)1. En ce qui concerne lerisque commercial, l’Iran pâtit d'un climat des affaires assez difficile. L’état de droit et la transparence de l’état sont défaillants, la corruption est monnaie courante et le taux de change est surévalué. Par conséquent, le Groupe Credendo classe le risque commercial en catégorie C (sur une échelle de A à C)2.

Un équilibre politique stable, mais fragile

La stabilité politique de l’Iran repose sur un équilibre du pouvoir entre ses différents groupes d’élites (politique, militaire et religieuse). Cet équilibre est cependant soumis à une pression croissante suite à l’extension de l’influence politique et économique d’une faction de l’élite militaire, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). L’influence du CGRI dans l’économie iranienne n’a cessé de croître depuis que la République islamique s’est engagée dans la voie de la libéralisation au début des années 1990. Depuis l’accession de Hassan Fereidun Rouhani à la présidence en 2013, le rythme des privatisations a ralenti. L’administration cherche en effet à réduire l’influence financière des entreprises liées au CGRI. Il convient de noter que les sanctions imposées contre les entités du CGRI sont maintenues, vu que la levée concerne uniquement les sanctions liées au programme nucléaire. Cela pourrait dès lors engendrer un important risque de contrepartie pour les partenariats commerciaux avec des entreprises iraniennes.

Des relations internationales et régionales difficiles

L’Iran a un historique de relations internationales tendues. L’accord international conclu pour le programme nucléaire iranien en juillet 2015 a amélioré le statut international de l’Iran, mais le pays n’a pas renoncé à son opposition envers Israël ou les États-Unis.
L’Iran s’est également retrouvé isolé sur le plan régional, après la révolution de 1979 et particulièrement pendant la coûteuse guerre Iran-Irak. Depuis cette guerre, l’Iran a cherché à nouer une série d’alliances stratégiques afin de mettre un terme à son isolement et faire valoir sa puissance dans la région.

Impact des sanctions internationales sur l’économie

L’intensification des sanctions internationales en 2012 a provoqué des ondes de choc et fait basculer l’économie iranienne dans une profonde contraction durant deux années consécutives.
Le 14 juillet 2015, l’Iran a accepté un accord de limitation significative de son programme nucléaire sur le long terme. En échange, les NU, l’UE et les États-Unis ont convenu d’accorder à l’Iran un allégement de certaines sanctions liées au nucléaire. Suite à cet accord, la croissance économique est tombée à 0% en 2015, vu le report des décisions en matière de consommation et d’investissement en prévision de la levée des sanctions économiques. « À la suite de cette levée des sanctions, une augmentation de la production pétrolière, une diminution des coûts des transactions commerciales et financières et un rétablissement de l’accès aux actifs étrangers devraient porter la croissance réelle du PIB à environ 4,3 % en 2016. » explique Nabil Jijakli, Deputy CEO du groupe Credendo.

Le climat des affaires est plutôt difficile en Iran. Le pays se classe en 118e position sur 189 pays dans le World Bank’s Ease of Doing Business 2016. Le pays est réputé pour ses lourdeurs bureaucratiques, l’opacité de ses institutions publiques et son environnement réglementaire incertain. « Vu la levée des sanctions, les autorités pourront toutefois être davantage enclines à poursuivre les réformes visant à améliorer le climat des affaires, notamment pour attirer de nouveaux investisseurs étrangers. » déclare Nabil Jijakli.

Une économie diversifiée

L’Iran possède les quatrièmes réserves mondiales avérées de pétrole brut et les deuxièmes réserves mondiales de gaz naturel. Mais le pays peut également compter sur d’importantes ressources naturelles. Hormis les combustibles, il est le 11e producteur de minéraux au monde et le principal du Moyen-Orient. Par ailleurs, il est le deuxième producteur pétrochimique du Moyen-Orient, derrière l’Arabie saoudite. L’Iran dispose aussi d’une industrie automobile bien établie, qui présente un potentiel de croissance considérable.

Ces dernières années, le gouvernement iranien s’est efforcé de diversifier encore plus le pays en raison de l’impact des sanctions internationales sur le secteur pétrolier. La récente levée des sanctions devrait accélérer la production et les exportations de pétrole brut. Ainsi, l’Iran pourrait être en mesure de produire 600.000 à 900.000 barils supplémentaires de pétrole par jour indépendamment du prix du pétrole, et porter cette quantité à environ 4 millions de barils par jour à moyen terme. Toutefois, pour atteindre cet objectif, il sera capital d’attirer de la technologie, de l’expertise et des investissements étrangers.

« La levée des sanctions crée un meilleur environnement pour mener des politiques macroéconomiques saines et mettre en oeuvre des réformes nécessaires telles que la poursuite de la diversification des revenus et la réforme des subventions. » conclut Nabil Jijakli.

1Une échelle de 1 à 7, 1 étant la catégorie la plus favorable
2Une classification de A à C, A étant la classification la plus favorable