• La réalisation de réformes est difficile en raison du chômage élevé
  • Les problèmes de sécurité influencent la confiance des investisseurs

Les élections de novembre attendues avec impatience

Les élections parlementaires et présidentielles prévues au mois de novembre constituent le principal événement politique de l’année en Tunisie. D’ici là, un gouvernement de transition va diriger le pays. L’adoption d’une nouvelle constitution et la formation d’un nouveau gouvernement de technocrates par l’assemblée nationale constituante a permis, en début d’année, d’endiguer les tensions politiques. Le processus de réformes politiques a débuté avec la chute du régime de Ben Ali en 2011 et n’a cessé de progresser depuis et ce en dépit de sérieux troubles. Le risque politique est resté maîtrisable grâce à de bonnes conditions macroéconomiques héritées d’avant la révolution. Toutefois, le déficit courant en hausse et de faibles investissements étrangers directs ont des effets négatifs sur les liquidités et la dette extérieure. « Les gouvernements actuel et futur font face à de grands défis. Ils doivent réduire le déficit, créer des emplois, présenter une stratégie de croissance et améliorer la situation en matière de sécurité », affirme Nabil Jijakli, Deputy CEO du Groupe Credendo. « Grâce au soutien international, la dette extérieure est sous contrôle. En juin 2013, la Tunisie a conclu un accord de confirmation avec le Fonds monétaire international. »

Il reste du potentiel de croissance

La Tunisie reste clairement en deçà de son potentiel de croissance, particulièrement dans des secteurs économiques en difficulté comme le tourisme, les communications et le transport. La confiance des investisseurs est en berne, étant donné les difficultés énormes que connaît le pays. «Notre expérience de paiement avec les débiteurs tunisiens est plutôt volatile ces dernières années, même si nous constatons que, par rapport au second semestre de l’année dernière, les retards de paiement sont moins importants », affirme Nabil Jijakli. « Les bases d’une stabilité politique créées cette année contribuent certainement à améliorer la confiance dans le pays et, partant, dans la situation économique. Des risques subsistent cependant. » Avec un taux de 2,6 pour cent, la croissance tunisienne se classe clairement en dessous de la moyenne de 4,4 pour cent atteinte durant la première décennie du millénaire. Les mauvaises récoltes, les perturbations dans l’industrie minière, le recul des investissements publics et le taux de croissance négatif dans la zone euro ont largement contribué au ralentissement conjoncturel. « Il faudra attendre 2016 au moins pour que la croissance économique de la Tunisie retrouve le niveau de son taux moyen à long terme. Et même dans ce cas, il reste à savoir si dans les années qui suivent, on parviendra à réduire le chômage élevé, qui se situe actuellement à 15 pour cent », ajoute Nabil Jijakli.

Le Groupe Credendo évalue le risque politique du pays, aussi bien à court terme qu’à moyen et long termes, comme modérément élevé (catégorie 4 sur une échelle de 1 à 7). Le risque commercial est estimé comme élevé (C sur une échelle de A à C).