Le Groupe Credendo participe à la mission princière en Arabie saoudite et à Oman du 14 au 21 mars 2014 et soutient les entreprises belges qui veulent y démarrer leurs activités commerciales. L’assureur-crédit belge attribue aux deux pays une classification favorable du risque politique à court terme : ils se classent en catégorie 1 sur une échelle de 1 à 71. Sur lemoyen et le long termes, le risque politique est classé en catégorie 2 dans les deux cas. Le risque commercial est bon pour Oman, qui obtient la classification A, et acceptable pour l’Arabie saoudite, qui est classée en B sur une échelle de A à C2.

L’Arabie saoudite et Oman, grands producteurs de pétrole, bénéficient d’une solvabilité solide mais font face à des défis à long terme

Voici un aperçu des risques économiques et politiques dans ces deux pays.

Une croissance économique robuste en Arabie saoudite

L’Arabie saoudite est le plus important producteur et exportateur de pétrole au monde. Les performances économiques du pays sont directement liées à celle du secteur pétrolier international. L’Arabie saoudite a fortement profité des prix mondialement élevés du pétrole. Elle a aussi régulièrement augmenté sa production afin de maintenir la stabilité des marchés pétroliers qui aurait pu être secouée par les ruptures de l’approvisionnement en provenance d’Irak ou de Libye. Avec un taux de croissance moyen de plus de six pour cent ces dernières années, la croissance économique est vigoureuse et devrait le rester dans les années à venir, notamment grâce au dynamisme du secteur non pétrolier. « L’Arabie saoudite présente une faible dette extérieure et des excédents de la balance courant élevés. Mais la dépendance du pétrole mettra le pays face à un grand défi dans les années à venir – d’autant que l’évolution des marchés énergétiques mondiaux est incertaine. En outre, il existe des incertitudes concernant l’influence des programmes politiques d’intervention sur le marché du travail (saoudisation) sur l’économie», explique Nabil Jijakli, Secrétaire général.

Les troubles politiques en Arabie saoudite sont bien plus restreints qu’au Proche-Orient

Les désordres au Proche-Orient ont aussi débordé en Arabie saoudite, mais dans une moindre mesure. L’agitation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a amené le régime saoudien à accroître les dépenses publiques pour le logement, la formation, le crédit, la sécurité sociale et les salaires du secteur public. Mais ces mesures pourraient ne pas être suffisantes pour créer assez d’emplois pour les jeunes saoudiens qui représentent une part importante de la population. À l’heure actuelle, le chômage chez les jeunes s’élève à 40 pour cent. Bien que le nombre de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur augmente, il règne malgré tout un gros déséquilibre sur le marché de l’emploi. Dans le secteur privé, les citoyens saoudiens sont fortement minoritaires : en 2012, 87 pour cent de tous les travailleurs du secteur privé étaient des étrangers. Des programmes d’intervention sur le marché de l’emploi (saoudisation) ont été adoptés afin de favoriser l’emploi de personnel saoudien. « Les programmes augmentent les frais dans certains domaines du marché du travail et pourraient en même temps retarder la mise en oeuvre de projets de construction. Cela pourrait à son tour avoir un effet négatif sur le risque commercial de l’Arabie saoudite », affirme Daan Rowies, analyste risque pays et secteur.
Sur la base de ces évolutions, le Groupe Credendo évalue le risque commercial comme modérément élevé (B sur une échelle de A à C). Le risque politique est classé comme faible tant pour le court terme (1 sur une échelle de 1 à 7) que pour le long terme (2).

Malgré les troubles régionaux, la stabilité politique règne à Oman

La politique intérieure d’Oman a elle aussi été touchée par le printemps arabe de février 2011. Des mouvements de protestation sans précédent associés à des demandes de changements politiques et socio-économiques ont pu être observés. Le sultan Qaboos a alors entrepris des réformes et remanié le gouvernement. Les salaires et transferts sociaux ont été augmentés et des emplois supplémentaires ont été créés. Par conséquent, le gouvernement d’Oman a dépensé 70 pour cent de plus en 2012 qu’en 2010. « Les prix pétroliers internationaux élevés ont permis de financer l’accroissement des dépenses publiques et de conserver un excédent du compte courant », avance Nabil Jijakli.

La dépendance d’Oman envers les prix pétroliers a augmenté au cours des dernières années

À l’instar des pays voisins, l’économie d’Oman est fortement tributaire du secteur pétrolier. L’an dernier, celui-ci a assuré plus de 70 pour cent des recettes du compte courant. Des prix pétroliers élevés dopent les recettes, mais accentuent aussi la dépendance envers le pétrole. Le niveau élevé des dépenses publiques sera difficile à inverser en cas de chute prolongée des prix pétroliers. « Il n’y a pas de raison de s’inquiéter pour le moment, mais une pression à la baisse sur les prix pétroliers à plus long terme pourrait mettre Oman en difficulté », explique Nabil Jijakli. Cette vulnérabilité ainsi que les faibles réserves de pétrole comparativement à la région nécessitent une diversification économique. « Différents projets d’investissement publique ont soutenu la croissance du secteur non pétrolier, qui devrait à nouveau se maintenir à un niveau relativement élevé dans les années à venir », affirme Nabil Jijakli.

Ceci a un impact positif sur le risque commercial, classé A sur une échelle de A à C. Le Groupe Credendo évalue aussi le risque politique (catégorie 1 pour le court terme et 2 pour le long terme sur 7) comme faible.

1 Une échelle de 1 à 7, 1 étant la catégorie la plus favorable
2 Une classification de A à C, A étant la classification la plus favorable